Revue de Presse
Les Echos : Finance islamique : le Parlement donne le feu vert aux obligations "sukuk" [17/09/09]
Les Echos : Les actifs des banques islamiques ont nettement grossi en 2008 [01/09/09]
Les Echos : Bercy poursuit la promotion de la finance islamique [03/07/09]
Les Echos : La finance islamique en France [11/06/09]
Les Echos : La fiducie va permettre l'émission de « sukuk » [02/06/09]
Les Echos : Adnan Ahmed Yousif - Président de l'Union des Banques Arabes : "J'aimerais voir la France occuper une place de leader dans le domaine de la finance islamique" [29/05/09]
Les Echos : Banquiers arabes et français dialoguent sur la crise et la banque islamique [29/05/09]
Voir aussi
Une réforme législative à l'automne en faveur de la finance islamique [02/07/2009]
La finance islamique, un des dossiers phares de Paris Europlace [02/07/2009]
La finance islamique, un secteur d'avenir ? [30/06/2009]
Le gouvernement luxembourgeois soutient la finance islamique [29/06/2009]
Première étude historique sur l’investissement islamique socialement responsable [21/06/2009]
Un nouveau dossier sur la finance islamique en France dans la revue « Echanges » [11/06/2009]
La finance islamique rempart contre la débâcle financière ? [30/05/2009]
Les actifs des banques islamiques ont nettement grossi en 2008 [01/09/2009]
Certaines banques ne connaissent apparemment pas la crise. Les actifs des 100 plus grandes banques islamiques mondiales ont augmenté de 66 % en 2008 sur un an malgré la crise financière mondiale. Les 100 premières banques islamiques détenaient en 2008 des actifs de 580 milliards de dollars américains, contre 350 milliards de dollars un an plus tôt, selon une enquête annuelle du magazine professionnel « The Asian Banker ». Durant la même période, les actifs des 300 premières banques d'Asie n'ont progressé que de 13,4 %.
Interdiction de l'usure
« Malgré la crise financière de la fin 2008, qui a touché tant d'institutions occidentales, les banques islamiques ont continué à progresser en taille et en importance », souligne le magazine. Le principe fondamental de la finance et de la banque islamique est l'interdiction de l'usure. Les fonds islamiques n'ont pas non plus le droit d'investir dans des compagnies liées au tabac, à l'alcool, à la pornographie, au porc ou aux jeux de hasard, toutes choses considérées comme taboues par les musulmans pieux.
Parmi les facteurs expliquant leur succès, l'interdiction du prêt, qui leur a permis d'éviter d'être touché directement par la crise du « subprime ». Par ailleurs, les pétrodollars liés à la hausse du prix des hydrocarbures ainsi que le développement de la classe moyenne musulmane en Asie et au Moyen-Orient ont aussi alimenté l'essor des banques islamiques.
Dans le classement, les banques iraniennes occupaient 7 des 10 premières places, tandis que les banques d'Arabie saoudite étaient les plus rentables. En dehors du Moyen-Orient, deux banques islamiques britanniques figurent dans le top 100.
Bercy poursuit la promotion de la finance islamique [03/07/2009]
Réforme.
La finance islamique continue d'être courtisée par Bercy. Dans son discours d'hier, Christine Lagarde a indiqué que son ministère publierait avant la fin de ce mois « une nouvelle instruction fiscale pour permettre le développement de nouveaux produits Ijarah et Istinah ». Ces deux produits comptent parmi les instruments financiers respectueux de la charia, la loi islamique. Le premier, Ijarah, est un contrat d'achat dans lequel une institution financière achète un équipement ou une propriété et le loue en crédit-bail à une entreprise. Il s'apparente ainsi à un « leasing. » Le second, Istinah ou Istisna'a, est un contrat d'entreprise en vertu duquel une partie demande à une autre de lui fabriquer ou construire un ouvrage moyennant une rémunération payable d'avance. « Je proposerai à l'automne une réforme législative destinée à créer un nouveau véhicule conçu pour faciliter les émissions de sukuks [produit obligataire islamique] », a ajouté la ministre.
La finance islamique en France [11/06/2009]
Le propos. Annoncée par Bercy, l'arrivée des obligations islamiques sur la place de Paris est-elle plus qu'un petit pas ? « Echanges », la revue professionnelle des dirigeants financiers, n'en doute pas. Dans un dossier intitulé sans ironie « Tout est prêt », très complet voire pratique, elle met clairement en avant la nécessité économique qui s'impose à notre pays, avec l'avance grandissante des Anglo-Saxons en la matière. Mais quel est son avenir en France ? demande l'économiste Michel Ruimy, qui souligne l'impossibilité d'évaluer l'ampleur des attentes, vu le manque d'offre.
L'interrogation. Jean-Jacques Pluchart, professeur à Paris-II, élargit le sujet sur la capacité des autorités bancaires et religieuses dans le monde à s'accorder, « puisque chacun des acteurs légitimes est attaché à la stricte logique économique d'un marché ou à l'orthodoxie d'un dogme philosophique ou religieux ».
La citation. « Il n'est pas anodin de pouvoir créer des liens financiers, en plus des liens commerciaux [...], entre l'Occident et le monde musulman. Le développement de la finance islamique apparaît ainsi comme le prolongement du «doux commerce», facteur de paix, cher à Montesquieu », souligne Hervé de Charette, ancien ministre et actuel président de la Chambre de commerce franco-arabe.
J.-M. C.
« Echanges », la revue des dirigeants financiers, juin 2009, 70 pages, 10 euros.
La fiducie va permettre l'émission de "sukuk" [02/06/2009]
Christine Lagarde va défendre une adaptation de la fiducie qui va permettre l'émission de « sukuk », l'équivalent des obligations dans la finance islamique.
La France est en passe de franchir une étape déterminante pour faciliter l'émission de « sukuk » sur la place financière de Paris. Ce sont les équivalents des obligations dans la finance islamique (conforme à la charia). « Ces dispositions vont voir le jour dans les toutes prochaines semaines », a annoncé Christine Lagarde lors d'une conférence organisée sous l'égide de l'Union des banques arabes et la Fédération bancaire française. Il s'agit de mesures destinées à faciliter l'émission de « sukuk » dans le cadre légal français de la fiducie. Ce support est jugé le plus approprié mais ses caractéristiques actuelles ne permettent pas aux émetteurs de se conformer aux principes de la loi coranique. La commission des Finances du Sénat a adopté la semaine dernière un article pour adapter la fiducie dans le cadre de la proposition de loi sur l'accès au crédit des PME. Il s'agit d'élargir son champ aux financements complexes en général et aux « sukuk » en particulier, en clair de rester fidèle au principe de neutralité budgétaire, fiscale et réglementaire. Ce nouveau système rapproche la fiducie française du trust anglo-saxon.
Depuis un an, la ministre a mis tout son poids dans la balance pour rattraper le retard pris sur Londres. Déjà, l'AMF a publié des textes et des instructions fiscales ont réduit les frottements fiscaux. Les observateurs se demandent quels seront les premiers débouchés concrets : un « sukuk souverain » semble moins probable, mais certains verraient bien des collectivités locales être tentées de se lancer en premier.
Le secrétaire général du Comité des établissements de crédit et des entreprises d'investissement (CECEI), Michel Cardona, l'a par ailleurs confirmé, il existe « des réflexions et des projets pour établir une ou plusieurs banques islamiques en France ». Les experts concernés ont encore du travail à accomplir, en particulier sur les dépôts rémunérés et sur la liquidité (l'accès au refinancement de la banque centrale).
S. R., Les Echos
Adnan Ahmed Yousif - Président de l'Union des Banques Arabes
"J'aimerais voir la France occuper une place de leader dans le domaine de la finance islamique ".
Egalement directeur général d'Albaraka Banking Group (1), une banque islamique présente dans 12 pays, Adnan Ahmed Yousif appelle de ses voeux le développement de la banque islamique en France.
Quelle importance revêt pour votre organisation ce forum de dialogue bancaire franco-arabe ?
La France est un pays très important pour les banques arabes. Il y a quarante ans, nous nous sommes développés à partir de la France lorsque nous avons formé l'Union de banques arabes et françaises (Ubaf) ensemble. A partir de là, nous avons développé nos activités en Europe, en Amérique, en Afrique, en Orient et en Extrême-Orient. La relation bancaire franco-arabe est donc très importante. En outre, nous sommes très fiers que la conférence de l'an dernier ait alerté les esprits sur la gravité de la crise. Beaucoup de gens ne nous croyaient pas à cette époque.
Qu'espérez-vous de concret de cette relation ?
Nos relations avec les banques françaises sont excellentes et, dans le contexte actuel, nous pouvons encore les développer sur le terrain de l'offre de produits, en particulier dans le domaine du financement de projet ou du commerce international (« trade finance »). En outre, j'aimerais voir la France occuper une place de leader dans le domaine de la finance islamique. Elle a l'aptitude de fournir ce genre d'activité, qui peut être reconnue et supervisée par les banques centrales. J'espère que de nouvelles actions seront prises en ce sens et annoncées par votre ministre de l'Economie. Le lancement d'une émission de « sukuk » (obligations respectant les principes de la charia, NDLR), même une petite tranche, serait une étape importante.
Albaraka Banking Group a déposé une demande d'agrément pour ouvrir une banque en France ?
Nous avons manifesté un intérêt. Nous avons des discussions avec les autorités concernées de la Banque de France. Albaraka agit seul mais a des contacts avec deux banques françaises avec lesquelles nous pourrions travailler.
Où en est le projet de lancer une mégabanque islamique pour le développement afin de renforcer l'offre de crédit dans la région du Golfe en réunissant 10 milliards de dollars de capitaux ?
Ce projet avance. Il a pour but de développer une offre dans la banque de gros, autrement dit la banque de financement et d'investissement. Nous sommes en train de finaliser le tour de table d'investisseurs stratégiques qui doit réunir des investisseurs du Golfe mais pas seulement. Des Français ont aussi manifesté un intérêt. Nous devrions avoir terminé d'ici à fin 2009, ce qui permettra dans une seconde étape une cotation en Bourse.
PROPOS RECUEILLIS PAR SYLVIE RAMADIER, Les Echos
(1) L'Union des banques arabes (Union of Arab Banks) est une organisation professionnelle qui regroupe plus de 300 membres actifs venant de 16 pays du Maghreb et du Proche-Orient.
Banquiers arabes et français dialoguent sur la crise et la banque islamique [29/05/2009]
Une conférence organisée sous l'égide de l'Union des banques arabes avec la coopération de la Fédération bancaire française souhaite oeuvrer pour développer la relation bancaire franco-arabe.
L'ambiance était studieuse hier à Paris lors du forum de dialogue franco-arabe. La conférence organisée deux jours durant sous l'égide de l'Union des banques arabes en coopération avec la Fédération bancaire française fait suite au sommet de juin 2008 qui avait réuni environ 150 hauts dirigeants des principaux établissements financiers arabes ainsi qu'une centaine d'Européens.
Cette année, l'idée des organisateurs arabes consistait à continuer sur cette dynamique en conviant des experts et des praticiens à même de faire avancer concrètement la réflexion à partir des thèmes forts du moment : l'impact de la crise financière internationale sur le monde arabe, le futur de la réglementation bancaire ou la banque islamique, c'est-à-dire conforme aux critères de la Charia.
La conférence a été l'occasion pour le président l'Union des banques arabes, Adnan Ahmed Yousif, de souligner l'importance de la relation bancaire franco-arabe et les développements possibles dans les domaines du financement de projet ou du financement export.
Par ailleurs directeur général d'Albaraka Banking Group, une banque islamique présente dans 12 pays dont le siège est à Manama (Bahreïn), il appelle de ses voeux le développement de la banque islamique en France (lire ci-dessous).
Le discours introductif de Christine Lagarde prévu ce matin, juste avant une table ronde sur la banque islamique en France, est donc attendu. Dans le cadre des efforts en faveur de l'attractivité de la place financière de Paris, la ministre de l'Economie a en effet fait avancer depuis un an le chantier de la réforme du cadre légal et fiscal français pour le rendre plus propice aux montages de finance islamique (« Les Echos » du 26 janvier). Les avancées pratiques les plus symboliques, selon les observateurs, seraient une émission de « sukuk » (obligations conformes à la Charia), ce qui semble nécessiter une nouvelle réforme de la fiducie ou encore l'agrément d'une nouvelle banque désireuse d'offrir des services conformes aux préceptes de la finance islamique. Michel Cardona, le secrétaire général du Comité des établissements de crédit et des entreprises d'investissement (Cecei), devait, lui aussi, s'exprimer aujourd'hui.
En attendant, Makram Sader, le secrétaire général de l'Association des banques du Liban, a énuméré hier quatre domaines de coopération franco-arabes : les infrastructures, l'intermédiation bancaire et financière (les banques arabes sont encore de taille modeste à l'échelle internationale), le financement des PME et la restructuration d'entreprise. Il redoute davantage les effets de l'après-crise que de la crise elle-même pour les banques arabes.
S. R., Les Echos
Une réforme législative à l'automne en faveur de la finance islamique [02/07/2009]
La ministre de l'Economie Christine Lagarde a annoncé qu'une réforme législative destinée à permettre les émissions de "sukuk" (obligations islamiques) serait mise en place à l'automne.
A la différence d'une obligation, le sukuk est adossé à un actif permettant de rémunérer le placement en contournant le principe de l'intérêt. En outre, le ministère des Finances "publiera d'ici la fin du mois une nouvelle instruction fiscale pour permettre le développement de nouveaux produits Ijarah et IIstinah", a indiqué Mme Lagarde dans une intervention vidéo diffusée dans le cadre du forum financier Paris Europlace. La ministre accompagnait en effet le Premier ministre pour une visite en Irak.
Depuis deux ans, la ministre n'a pas ménagé ses efforts pour développer la finance islamique en France. Des adaptations de la fiscalité et du régime de la fiducie ont notamment été réalisées pour éviter que les montages financiers conformes à la loi islamique ne génèrent des surcoûts qui les rendent inattractifs
La finance islamique, un des dossiers phares de Paris Europlace [02/07/2009]
L'enjeu est notamment d'attirer les investisseurs du Golfe, plutôt tournés vers Londres, afin qu'ils contribuent au financement de l'économie française.
L'"Ijara" s'apparente au crédit-bail. L'acheteur qui souhaite acquérir un bien le loue, s'acquitte d'un loyer, et le rachète éventuellement au terme du contrat. L'"Istinah" consiste à faire financer la production d'un bien par l'acheteur. L'acheteur fournit le capital, le vendeur produit le bien et le livre à une date ultérieure.
Vous évoquez les fonds souverains des pays du Golfe. Le dossier de la finance islamique a été un important dossier cette année…
AdeB : La finance islamique a effectivement été un de nos dossiers phares de cette année. Il a été fortement soutenu par la Ministre de l'Economie et des Finances Mme Christine LAGARDE. Plusieurs mesures ont été adoptées de manière à autoriser l'ouverture de sociétés de gestion et la commercialisation de produits de gestion collective charia compliant, et adapter le marché français à l'émission de sukuks (instruments obligataires charia compliant). Un régime fiscal particulier a été prévu pour favoriser les opérations immobilières.
La place de Paris entend jouer un rôle leader dans l'accueil de la finance islamique à Paris dont les développements représentent aujourd'hui un enjeu majeur.
La finance islamique, un secteur d'avenir ? [30/06/2009]
Analyse parue dans la newsletter n°2/2009 de la Place financière du Luxembourg
Le fait que la finance islamique intègre une dimension éthique aux services financiers va-t-il contribuer à l'essor de ce type d'activité ?
Le succès de la conférence sur la finance islamique récemment organisée à Luxembourg montre que ces produits sont en passe de devenir une catégorie à part entière de l’industrie des fonds. Pendant deux jours, des spécialistes de l’Islam et des experts en finance islamique d’Europe, du Moyen-Orient et d’Asie ont fait part de leur expérience à un public convié par l’Institut de formation bancaire, Luxembourg (IFBL), l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement (ALFI) et Luxembourg for Finance, l’agence pour le développement de la place financière. Plusieurs messages sont ressortis de ces échanges.
Musulmans et non musulmans s’accordent pour voir dans la finance islamique un choix éthique qui permet d’éviter les dérives de la spéculation à outrance tout en réinstaurant certaines valeurs négligées par la finance conventionnelle, comme la confiance. Les chiffres montrent que la crise actuelle a suscité un engouement pour les produits de finance islamique qui pourraient devenir des produits courants. Ce secteur pourrait représenter 4.000 milliards de dollars US d’ici cinq ans. Les participants reconnaissent toutefois que la crise n’a pas épargné la finance islamique, même si ses caractéristiques – des produits actions dont le profil de rentabilité est adossé à des actifs tangibles, un fort degré de transparence et l’interdiction de spéculer et de payer des intérêts – ont permis d’atténuer le choc. Tous les cours boursiers mondiaux ont chuté, mais grâce à une exposition moindre à la crise des crédits, le repli des indices conformes à la charia a été moins prononcé que celui des indices traditionnels. De leur côté, les sukuk (obligations conformes à la charia) ont lourdement souffert du manque de liquidités et ce secteur a connu ses premiers cas de défaut de paiement. A ce jour, les sukuk sont les instruments de finance islamique qui ont connu le plus grand succès en dehors de la communauté musulmane : 60% des sommes investies en sukuk proviennent ainsi d’investisseurs non musulmans. La France et le Royaume-Uni font partie des pays qui envisagent l’émission de sukuk souverains.
Prérequis au développement du marché
Relativement parlant, la finance islamique n'en est qu'à ses débuts. L’absence de recul, de taille critique, de standardisation et d’expérience constituent ses principaux handicaps. Les spécialistes admettent la nécessité de développer des méthodes spécifiques de gestion des risques, qui viendraient compléter les outils de gestion des risques utilisés en finance classique. L’harmonisation des différentes cultures, normes, pratiques, interprétations de la charia et des principes de supervision est une autre condition à la poursuite de la croissance. Les praticiens de la finance islamique doivent comprendre la culture de leurs autorités de tutelle tandis que les prestataires de services et les différentes juridictions doivent appréhender et respecter les principes fondamentaux de la finance islamique et accepter le fait qu’il existera toujours des divergences entre les différents courants de pensée musulmans. Par ailleurs, il est nécessaire de créer un marché secondaire pour les sukuk ou d'autres produits à revenu fixe équivalents. Il existe toutefois une contradiction entre cette nécessité de marché secondaire, indispensable à l’essor de ces produits, et l’obligation, selon la charia, de conserver un investissement jusqu’à son échéance. La loi coranique interdit en effet la spéculation et donc les activités de trading sur le marché secondaire. De plus, le marché des sukuk souffre d'un manque d’émetteurs de catégorie AAA et aurait besoin d'un taux de référence propre. La gestion des liquidités est problématique pour les gestionnaires de fonds puisque les intérêts (riba) sont prohibés, de même que le recours à l’emprunt classique. Il existe toutefois des solutions, parmi lesquelles l’ouverture d’un compte classique qui ne génère pas d’intérêts ou le recours à certains dispositifs pour la mise en place de comptes conformes à la charia. Les fonds d’investissement islamiques sont autorisés à utiliser des lignes de crédit à court terme pour couvrir tout découvert de trésorerie, une disposition extrêmement importante pour les OPCVM , en particulier pour ceux qui investissent en sukuk, vu l'absence de marché secondaire.
Conseils de l’autorité de surveillance du secteur financier
La Commission de surveillance du secteur financier luxembourgeois (CSF) et d’autres intervenants habitués aux procédures d’agrément, ont émis certains conseils à l’attention des éventuels promoteurs de fonds :
-- comprendre le sujet ;
-- choisir la juridiction, comme pour un fonds classique ;
-- les procédures de demande d’agrément et de réglementation sont identiques, avec toutefois des questions supplémentaires sur les objectifs d’investissement propres à certains instruments, comme les sukuk ;
-- accepter que le fonds doit tout d’abord relever du droit du pays de domiciliation puis de la loi coranique ;
-- insérer dans le prospectus toutes les informations relatives aux processus d’investissement conformes à la charia et leurs conséquences potentielles (par ex. la purification) ;
-- gérer les risques comme dans un fonds classique, en étant cependant conscient des risques supplémentaires : risque de conformité à la charia, risque de liquidité (recours à l’emprunt limité, investissements peu liquides) et risque de change (absence de couverture). La composition du comité de conformité à la charia et le respect des principes de la loi coranique sont du ressort du conseil d’administration et non de l’autorité de surveillance (sauf dans le cas où l’un des membres du comité de conformité à la charia est également membre du conseil d’administration ou lorsque les principes de la charia touchent à la réglementation des OPCVM). Toutes les décisions d’investissement sont du ressort du conseil d’administration. La CS F ne prévoit pas d'établir de règles spécifiques ou d'imposer une définition des fonds conformes à la charia qui devraient être détaillées dans le prospectus d'émission, mais n’exclut pas la possibilité d’émettre un jour des directives. L’autorité de surveillance luxembourgeoise connaît les principaux types d’actifs conformes à la charia, notamment les diverses formes de sukuk, et peut donc émettre un avis sur la conformité des différents investissements en se basant sur la structure décrite dans la documentation.
L’expérience internationale du Luxembourg séduit les promoteurs de fonds
Les établissements qui sont intervenus à la conférence
– parmi lesquels HSBC , Bank of London and the Middle East, BMB Islamic, Blackrock, NCB Capital et Nomura Asset Management – sont tous convaincus que les OPCVM peuvent contribuer à accroître la notoriété et la distribution des fonds islamiques à l’international. Ces établissements se félicitent de la facilité avec laquelle les fonds islamiques peuvent être créés et distribués à l’étranger depuis le Luxembourg. Ils apprécient notamment la souplesse du cadre juridique et réglementaire, réglementaire, l'expérience internationale de la main-d'oeuvre et l'ampleur du réseau de conventions fiscales. On recense actuellement 23 fonds et compartiments de fonds islamiques domiciliés au Luxembourg et dix autres structures ont reçu leur agrément mais n’ont pas encore été lancées. Ces fonds sont essentiellement des OPCVM gérés par des sociétés de gestion européennes, mais les prestataires de services confirment l’intérêt croissant d’acteurs du Moyen-Orient et d’Asie.
Le gouvernement luxembourgeois soutient la finance islamique [29/06/2009]
Voici les principales étapes en faveur du développement de cette industrie par les autorités du Luxembourg
- En avril 2008, le ministre Luc Frieden a chargé un groupe de travail d’identifier les obstacles potentiels au développement de la finance islamique au Luxembourg ainsi que les pistes de développement futur.
- Le Gouvernement a demandé aux autorités fiscales d’examiner les caractéristiques des transactions de la finance islamique et de proposer des solutions pour que ces transactions bénéficient d'un traitement fiscal équivalent à celui appliqué aux transactions bancaires et financières traditionnelles.
- Le Gouvernement examine également dans quelle mesure les produits de finance islamique, comme les sukuk, pourraient être utilisés pour financer certaines activités du Gouvernement ou des entités publiques.
-- Le Gouvernement soutient la candidature de la Banque centrale du Luxembourg pour devenir le premier membre associé « non régional » de L’Islamic Financial Services Board, le régulateur des marchés financiers islamiques.
Première étude historique sur l’investissement islamique socialement responsable [21/06/2009]
DinarStandard et Dar Al Istithmar annoncent avoir commencé la collecte de données pour une première étude sur les investissements socialement responsables des institutions de finance islamique.
L’objectif de l’étude est de créer un benchmark des institutions financières islamiques sur leurs efforts en matière d’investissements socialement responsables.
« Comme l’industrie de la finance islamique est en phase de transition vers une approche-ISR, des outils tels que le nôtre vont devenir de plus en plus importants », note Sayd Farook, consultant senior à Dar Al-Istithmar.
« Il est ironique qu’une industrie, dont les fondamentaux sont la responsabilité sociale, n’ait pas de critère pour évaluer cet aspect important. Nous espérons que cette étude contribuera à soutenir les efforts en termes d’ISR des institutions de finance islamique et souligner davantage le bien-fondé de cette industrie à un moment de crise économique mondiale », a déclaré Rafi-uddin Shikoh, directeur général de Dinar Standard.
De surcroît, cette étude a reçu le soutien de l’AAOIFI (the Accounting and Auditing Organisation for Islamic Financial Institution).
Un nouveau dossier sur la finance islamique en France dans la revue « Echanges » [11/06/2009]
Le propos. Annoncée par Bercy, l'arrivée des obligations islamiques sur la place de Paris est-elle plus qu'un petit pas ? « Echanges », la revue professionnelle des dirigeants financiers, n'en doute pas. Dans un dossier intitulé sans ironie « Tout est prêt », très complet voire pratique, elle met clairement en avant la nécessité économique qui s'impose à notre pays, avec l'avance grandissante des Anglo-Saxons en la matière. Mais quel est son avenir en France ? demande l'économiste Michel Ruimy, qui souligne l'impossibilité d'évaluer l'ampleur des attentes, vu le manque d'offre.
L'interrogation. Jean-Jacques Pluchart, professeur à Paris-II, élargit le sujet sur la capacité des autorités bancaires et religieuses dans le monde à s'accorder, « puisque chacun des acteurs légitimes est attaché à la stricte logique économique d'un marché ou à l'orthodoxie d'un dogme philosophique ou religieux ».
La citation. « Il n'est pas anodin de pouvoir créer des liens financiers, en plus des liens commerciaux [...], entre l'Occident et le monde musulman. Le développement de la finance islamique apparaît ainsi comme le prolongement du «doux commerce», facteur de paix, cher à Montesquieu », souligne Hervé de Charette, ancien ministre et actuel président de la Chambre de commerce franco-arabe.
« Echanges », la revue des dirigeants financiers, juin 2009, 70 pages, 10 euros.
La finance islamique rempart contre la débâcle financière ? [30/05/2009]
Finance Islamique France vous fait part dans sa veille de cet article issu d’une intervention orale sur BFM radio :
Cette finance respectueuse du Coran est au cœur du Forum du dialogue bancaire Franco-Arabe, organisé les 28 et 29 mai à Paris. Avec ses 700 milliards de dollars d'encours, elle fait figure de riposte aux pratiques révélées par la crise.
"Vous ne léserez personne et vous ne serez point lésé". C'est l'un des grands principes sur lequel repose la finance islamique. Un concept qui est particulièrement vendeur au moment où les grandes banques occidentales sont pointées du doigt. Mais la finance islamique est-elle réellement plus vertueuse que la finance conventionnelle ?
Une finance qui rejette les montages périlleux
La réponse d'Anne-Sylvie Vassenaix, associée chez Norton Rose : "La finance islamique a quand même pour spécificité d'être beaucoup plus proche des actifs : les actifs, financés au travers d'un certain nombre de structures qui sont parfois particulièrement complexes, doivent néanmoins ne pas être trop éloignés, ce qui veut dire que l'on ne connaît pas de montages de type titrisation ou autres. Ce qui laisse entendre quelque part, comme on l'a beaucoup dit récemment, qu'elle est moins exposée que la finance conventionnelle et qu'à bien des égards elle a moins connu les soubresauts récents qu'on a pu connaître en matière de finance conventionnelle".
Un marché épargné par les subprimes... pas par la récession
La finance islamique serait donc moins risquée. A-t-elle pour autant mieux résisté à la crise. Pas vraiment selon Ladislas Gallant, responsable de la finance islamique chez Calyon : "La finance islamique a échappé aux premiers effets de la crise, c'est-à-dire aux subprimes, car les banques islamiques n'étaient pas autorisées à détenir ce type d'actifs, comme les CDO et tous les actifs complexes qu'on a pu avoir et qui ont créé des problèmes de valorisation. Cependant, la finance islamique n'est pas décorrélée de l'économie puisque c'est une finance qui veut soutenir l'économie et l'entreprenariat. Donc même si elle est basée principalement dans le Golfe et en Asie du Sud-Est où l'économie a mieux résisté à la crise qu'ailleurs dans le monde, la baisse du prix du pétrole et le ralentissement que l'on peut voir dans le Golfe ont amené la finance islamique a quand même souffrir face à la crise mais moins que la finance conventionnelle."
Pas totalement épargnée donc, mais la finance islamique a tout de même été largement protégée par toutes sortes de règles qui ont pourtant été édictées il y a plus de 1 500 ans.
Ecoute disponible sur le lien suivant :
http://www.radiobfm.com/edito/home/32979/la-finance-islamique-rempart-contre-la-debacle-financiere-/